...quand au Pequod vous vous souvenez sans doute que c'est le nom d'une tribu indienne du Massachussets, maintenant aussi éteinte que les anciens Mèdes

...montant à bord du Pequod, je fus convaincu que c'était là le bateau qu'il nous fallait

 

 

du 12 au 15 janvier 2010

Comédie de Béthune (création)

les 18 et 19 janvier

Théâtre d’Arras

du 23 janvier au 6 février

Théâtre L’Échangeur, Bagnolet

 

 

 

pequodET HOMMES ET PAS

et hommes et pas

Et hommes et pas est une fable, avec sa magie simple. Un homme lutte contre soi-même pour réduire sa part d'inhumanité. Car les hommes font à l'homme ce qui nous fait dire d'eux qu'ils n'en sont plus. C'est l'hiver 44, à Milan. Vingt ans de fascisme ont corrompu l'homme dans sa moelle et jusqu'à la réalité immédiate : ce qu'il mange, boit, l'air qu'il respire, dans son amour même. Et cela commence par les actes les plus insignes, qui tolèrent, acceptent et même imposent le fascisme. Dans ce monde défait, comment lutter et ne pas désespérer ? Parmi les civils, les partisans, les morts, contre les nazis et leurs chiens, et les miliciens fascistes, c'est toujours cette question.

La langue de Vittorini est cet effort intense, d'une humanité lumineuse, contre la « désespérance ». Sicilien et fils de cheminot, il nous parle de plain-pied, d'homme à homme, avec la grâce de l'enfant qu'il a gardé en lui et qui auréole de magie toute son écriture.

UOMINI E NO ne divise pas l'humanité en deux parties dont l'une serait tout humaine et l'autre tout inhumaine. Le titre de ce roman, signifie exactement que nous, les hommes, pouvons aussi être des "non-hommes". C'est dire que ce titre vise à rappeler qu'il y a, en l'homme, de nombreuses possibilités inhumaines.

note liminaire à UOMINI E NO

Il y a, dans les plus délicats rapports entre les hommes, une continuelle pratique de fascisme, où celui qui impose croit seulement aimer et celui qui subit croit, en subissant, faire tout juste le minimum, pour ne pas offenser. Je pourrais peut-être montrer comment il y a, dans cela, la plus subtile, mais aussi la plus cruelle, des tyrannies, et la plus inextricable des servitudes ; lesquelles, toutes les deux, tant qu'on les admettra, pousseront à admettre toutes les autres tyrannies et toutes les autres servitudes des hommes pris séparément, des classes et des peuples entre eux.

 

 

d'après le roman Uomini e no de Elio Vittorini
traduction Michel Arnaud
adaptation, conception Bénédicte Le Lamer & Pascal Kirsch
avec Guillaume Allardi, Julien Bouquet, Jonathan Genet, Vincent Guédon, Bénédicte Le Lamer, Loïc Le Roux, Florent Manneveau, Maxime Oudry, Francesco Rosa
mise en scène Pascal Kirsch
dispositif musical Florent Manneveau accompagné de Loïc Le Roux, Maxime Oudry, Francesco Rosa
lumières Maryse Gautier assistée de Romain de Lagarde
dispositif scénique Pascal Kirsch, Bénédicte Le Lamer, Maryse Gautier
toile, peintures et Chien Noir Philippe Binard, Alwyne de Dardel
construction pylônes Arnaud Murat
costumes et mannequin Isabelle Deffinassistée de Maryline Morel
régie générale Romain de Lagarde
régie son Nicolas Maisse
régie plateau Grégory Graveleine
production Daniel Migairou
administration bureau formART Aurélien Guillois
presse Isabelle Fabre
vidéo Pierre Emmanuel Fillet
photographies Pascal Maine
 
 
 

 

coproduction pEqUOd, Comédie de Béthune – Centre Dramatique National, Théâtre d'Arras

avec l’aide à la production de Arcadi, la Drac Pays de la Loire (Ministère de la Culture), la Région Pays de la Loire

avec le soutien de l’Adami, la Spedidam

avec la participation artistique de l’Ensatt, le Théâtre National de Bretagne

avec le soutien en résidence de la Fonderie au Mans avec le partenariat de la société Lee Filters (RU)

 

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2008-2009

pequodGUARDAMUNT 55

guardamunt 55

Guardamunt 55' (poème et considérations) est une improvisation d 'après deux fragments du Journal de Nijinski : un poème écrit en français et quelques considérations, traduites du russe. Le poème, principale source de cette pièce, est constitué d'environ six cents vers de six à huit syllabes, de mots ou onomatopées d'une ou deux syllabes. Rythmes, ritournelles, babil d'où jaillissent des éclats fulgurants de sens. A travers le témoignage de sa vie et de ce temps d'après guerre, Nijinski s'adresse au cœur des hommes et donne à sentir plus qu'à comprendre.

Je veux diree que tu tu
Je veux diree que tu tu
Tu ne c'est pas ça ce que tu
Tu ne c'est pas ça ce que tu
Tu te tu te tu te tu
Je ne tu pas tu pas tu
Tu ba tu ba tu barbare
Je ne tu pas les barbare
Tu te tu te tu toujour
Je ne tu pas te toujour
Je ne suis pas un tueur
Je ne suis pas un tueur
Je suis homme je suis un home
(extrait du poème « Au Hommes »)

 

 

Peut-être, un jour, on ne saura plus bien ce qu'a pu être la folie. Sa figure se sera refermée sur elle-même, ne permettant plus de déchiffrer les traces qu'elle aura laissées. Ces traces elles-mêmes seront-elles autre chose, pour un regard ignorant, que de simples marques noires ? Tout au plus feront-elles partie de configurations que nous autres maintenant ne saurions pas dessiner, mais qui seront dans l'avenir les grilles indispensables par où nous rendre lisibles, nous et notre culture. Artaud appartiendra au sol de notre langage, et non à sa rupture ; les névroses, aux formes constitutives (et pas aux déviations) de notre société. Tout ce que nous éprouvons aujourd'hui sur le mode de la limite, ou de l'étrangeté, ou de l'insupportable aura rejoint la sérénité du positif. Et ce qui pour nous désigne actuellement cet Extérieur risque bien un jour de nous désigner, nous.

 

Restera seulement l'énigme de cette Extériorité. Quelle était donc, se demandera-t-on, cette étrange délimitation qui a joué depuis le fond du Moyen Âge jusqu'au XXe siècle et au-delà peut-être ? Pourquoi la culture occidentale a-t-elle rejeté du côté des confins cela même où elle aurait pu aussi bien se reconnaître - où de fait elle s'est elle-même reconnue de manière oblique ? Pourquoi a-t-elle formulé clairement depuis le XIXe siècle, mais aussi dès l'âge classique, que la folie, c'était la vérité dénudée de l'homme, et l'avoir pourtant placée dans un espace neutralisé et pâle où elle était comme annulée ? Pourquoi avoir recueilli les paroles de Nerval ou d'Artaud, pourquoi s'être retrouvée en elles, et pas en eux ?

Michel Foucault « La folie, l'absence d'œuvre » La Table ronde, n° 196 : Situation 1964

 

 

 

d'après Cahiers - Le sentiment de Vaslav Nijinsk
adaptation Michel Arnaud
conception Bénédicte Le Lamer & Pascal Kirsch
avec Bénédicte Le Lamer (voix), Florent Manneveau (saxophone), Maxime Oudry (contrebasse), Clément Robin (accordéon), Francesco Rosa (surdulina), Makoto Sato (batterie) et la présence de Didier Le Lamer
mise en scène Pascal Kirsch
musique Florent Manneveau
lumières Maryse Gautier assistée de Romain de Lagarde
production Daniel Migairou

 

 

 

coproduction pEqUOd, La Fonderie, L'espal - Scène conventionnée du Mans

avec le soutien de Ram Dam, La Ferme du Buisson, La Ménagerie de Verre, Naxos Bobine

avec le soutien de la Région Pays de la Loire et du Conseil Général de la Sarthe

 

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2007

pequodMENSCH

Ce soir, Marie. Adieu. Georg Büchner

 

pequod

 

 

Un saut dans le vide –
et je retrouve la raison

Mensch est un terme allemand que l'on retrouve de manière récurrente dans les fragments Woyzeck, la pièce inachevée laissée par Georg Büchner à sa mort en 1837, quand il n'avait que vingt-trois ans. Mensch désigne ici tantôt l'humanité – l'être humain,tantôt une fille perdue, un singe savant ou un pauvre bougre. S'appuyant sur un fait divers et les minutes du procès, Büchner préparait un drame où les protagonistes étaient de petites gens : Woyzeck et Marie ont un enfant «sans la bénédiction de l'Église» et vivent de la solde et des corvées confiées à Woyzeck, militaire sans grade. Meurtrier de sa fiancée, le Woyzeck historique fut condamné lors d'un procès où l'expertise psychiatrique dut déterminer, pour l'une des premières fois, la responsabilité ou non de l'accusé. Il souffrait d'hallucinations où se mêlaient les signes de l'apocalypse et la croyance en un complot de forces obscures. Déclaré responsable, il fut décapité.

Issu d'une famille de médecins, Büchner a suivi des études de médecine et de philosophie. La scène de ces pièces pourrait ressembler à ces plaques de verre à travers lesquelles on observe au microscope un reste d'humanité. Il étudie "le vertige quand on regarde au-dedans d'un homme".

La croyance populaire veut que la cause d’une certaine mélancolie soit due à la piqûre de la tarentule. La piqûre introduisant un germe (comme pour la peste – on pensera à Artaud) déclencherait une maladie chronique : chaque année, à la date de la piqûre, le mal se réveille en une crise aiguë de mélancolie. Seul remède à cette souffrance : la tarentelle. Des musiciens entrent dans les maisons et jouent. Ils jouent jusqu’à trouver le thème correspondant à la tarentule. Lorsqu’ils ont trouvé, le malade se met à danser, danser jusqu’à perdre connaissance et retrouver la raison

 

Résidence de répétition

La Fonderie, Le Mans

 

Représentations

La Fonderie, Le Mans, mai 2007.Odéon Théâtre de l’Europe, Festival Berthier’07, juin 2007 Festival Rayons Frais, Tours, juillet 2007

 

Production

pEqUOd, La Fonderie, Festival Berthier’07, Festival Rayons Frais, avec le soutien du Conseil Régional des Pays de la Loire et du Théâtre National de Bretagne

 

d'après Fragments Woyzeck de Georg Büchner
traduction Jean-Pierre Vincent
conception Bénédicte Le Lamer & Pascal Kirsch
mise en scène Pascal Kirsch
scénographie Antoine Petitrenaud
musique Florent Manneveau
lumière Clément Chicoisne
vidéo Emma Dusong
régie générale Fabrice Coudert
coordination Didier Le Lamer, Elodie Soulier
diffusion Daniel Migairou
costumes Isabelle Périllat assistée de Suzanne Maia
avec Bénédicte Le Lamer,Loïc Le Roux, Sophie Lucarotti, Arnaud Stephan et Sarah et les musiciens de Gallina La Lupa et Tara Banda : Tonino Cavallo, Florent Manneveau, Maxime Oudry, Clément Robin, Francesco Rosa

 

 

 

 

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2006 -2007

pequodGUARDAMUNT

Je courais et trébuchais
Tout en sang, me fracassais
Au rocher, me relevais,
Priais encore, encor courais.
Et soudain un vent froid s'est levé.
Les lueurs au loin rougissaient.
Armé d'une masse d'airain,
quelqun édifiait un autel.
Alexander Blok

 

 

 

 

 

 

 

évaporation d’un homme

Le 19 janvier 1919, Vaslav Nijinski, l'étoile des ballets russes, danse une dernière fois dans la salle de bal d'un grand hôtel de Saint Moritz en Suisse. Il a 29 ans. L'interprète et chorégraphe, entre autres du révolutionnaire poème symphonique L'Après-midi d'un faune de Debussy et Mallarmé, improvise. Les spectateurs, au lieu d'un divertissement, assistent stupéfiés à une danse-transe évoquant les horreurs de la guerre qui vient de dévaster l'Europe.

Le soir même, rentrant chez lui à la villa « Guardamunt », il commence la rédaction d'une sorte de journal sur de petits cahiers de moleskine. Il rapporte là des poèmes, le récit de promenades dans les montagnes qui l'entourent, le vertige mystique qui s'empare de lui, des souvenirs, sa vie avec sa jeune famille. Pêle-mêle. Quelques semaines plus tard, il est interné.

Jamais plus il ne dansera, n'écrira et il ne parlera qu’à de rares occasions. Ainsi il continua à vivre. Jusqu’à sa mort à Londres en 1950, où il s’éteint âgé de soixante ans.

 

Résidences de répétitions

LaFonderie, Le Mans / Ramdam, Lyon / Théâtre Nanterre Amandiers / La Ferme du Buisson / La Ménagerie de Verre

Représentations

L’espal, scène conventionnée du Mans, novembre 2006 La Ferme du Buisson, Marne-la-Vallée, avril 2007 (version 76’ - récits) La Ménagerie de Verre, Paris, avril 2007 (version 34’ - poème) Festival DAW, Langonnet, Morbihan, juin 2007

Production

pEqUOd, La Fonderie, L’espal scène conventionnée du Mans, avec le soutien de la Ferme du Buisson (résidence chantier), de la DRAC des Pays de la Loire, de Ramdam, de la Ménagerie de Verre, du Théâtre Nanterre Amandiers

 

d'après Cahiers Le sentiment de Vaslav Nijinski
adaptation Christian Dumais-Lvowski
conception Bénédicte Le Lamer & Pascal Kirsch
mise en scène Pascal Kirsch
avec Bénédicte Le Lamer, Didier Le Lamer, Florent Manneveau
scénographie Antoine Petitrenaud
lumière Clément Chicoisne
mise en musique Florent Manneveau
projections vidéo Pascal Kirsch
costumes Isabelle Périllat
avec la complicité de Sylvie Brugnon et Daniel Migairou

 

Le Projet Guardamunt est un cycle de pièces créées autour des Cahiers du danseur et chorégraphe Vaslav Nijinski. Le pEqUOd propose à partir de cette source d'inspiration quatre variations :

Guardamunt (matériau) créée à L'espal (Le Mans) en novembre 2006

Guardamunt 76' (récit) créée à La Ferme du Buisson (Marne-la-Vallée) en avril 2007

Guardamunt 34' (poème) créée à La Ménagerie de Verre (Paris) en avril 2007

 

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2005 – 2006

pequodTOMBÉE DU JOUR

"..n'était pas une seule nuit, c'était d'innombrables nuits ; et je pensai aux nuits de mon grand-père, aux nuits de mon père, et aux nuits de Noé, aux nuits de l'homme nu dans le vin, et désarmé, humilié, moins homme qu'un enfant ou qu'un mort." Elio Vittorini

 

je n'étais pas seul, j'étais un homme quelconque.

 

Dans l'anonymat d'un service de gériatrie, de chambres en couloirs, un infirmier de nuit a recueilli des bribes de dialogues, des restes de conversations, au hasard et sans intention.

Nous avons cherché une langue qui manque pour accompagner un inconnu au bord de la vie. Nous avons trouvé des poètes, de l'Ancien Testament à aujourd'hui. Nous y comprenons que devant la rive que l'on ne franchit qu'une seule fois, même le doyen de l'humanité est encore un enfant

Nous y entendons notre silence gêné face à cette innocence.

Cette matière forme le corps de Tombée du jour, un corps arraché à l'oubli, un mouvement contraire, un renversement pour échapper à l'entropie, comme l'est la vie.

Nous avons cherché comment rendre sensible et vif cette force intérieure qui nous habite jusqu'au dernier instant et que Vaslav Nijinski traduit ainsi : « Mon pouls est un tremblement de terre ».

A l'infirmier, nous avons demandé de venir redire et réentendre ces phrases, transcrites et mêlées à des voix de poètes. Sans rien représenter de ces moments, par lui, comme une sueur du corps, ces moments qui devaient rester à l'insu du monde devenaient présents à nouveau, et à travers ceux qui l'écoutent et le ressentent : transmis vivants.

 


Résidences de répétitions

La Fonderie, Le Mans / Théâtre de l'Enfumeraie, Allonnes / Centre dramatique de Bretagne, Lorient / MC93, Bobigny / Théâtre Gérard Philipe, Saint-Denis

 

Représentations

L’espal, scène conventionnée du Mans, février 2005 La Générale de Belleville, Paris, octobre 2005 La Ménagerie de Verre, Paris, février 2006 Festival Rayons Frais, Tours, juillet 2006


Production

pEqUOd, avec le soutien des Ateliers Contemporains, de La Fonderie et de la Ménagerie de verre

 

conception Bénédicte Le Lamer & Pascal Kirsch
mise en scène Pascal Kirsch
avec Guillaume Allardi, Bénédicte Le Lamer, Didier Le Lamer
lumière Clément Chicoisne
son Pascal Kirsch
costumes Isabelle Périllat

 

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pequod

2010
ET HOMMES ET PAS
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